Gilgamesh
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08.03.202220:30 - 21:50TRY OUTKVS, BrusselsKVS BOX
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Dans le recueil de récits héroïques, Gilgamesh, le 5e roi d’Uruk, souvent accompagné de son ami Enkidu, vit des aventures mythologiques. Ainsi, il part en quête de la vie éternelle ou se bat en duel avec des créatures surnaturelles que les dieux ont lancées sur Uruk. Parallèlement, il se pose des questions existentielles, entre autres, autour de la prise de conscience de notre finitude.
Uruk, une cité de l’ancienne Mésopotamie, située dans le sud de l’Irak actuel et appelée Warkā, abritait une des plus anciennes cultures urbaines de la planète. Les terres fertiles au bord de l’Euphrate permettaient d’y cultiver du blé, favorisant la transition de la vie nomade vers la vie sédentaire, de « l’être » vers « l’avoir ». Car la culture du blé a signifié possession et frontières. Dans la culture de la chasse et la cueillette, la nature sauvage appartenait à tout le monde. Dans celle des semences et des moissons, il fallait dorénavant domestiquer la nature ainsi que délimiter son « territoire » et le défendre. Ce qui était à moi n’était plus à toi. Les champs de blé devinrent « propriétés » et allaient dès lors générer des antagonismes : « nous » par opposition aux « autres ». Aussi les guerres ne portent-elles pas toujours sur le territoire en tant que tel, mais souvent sur les ressources et l’énergie qu’il renferme.
Mais qui domestique qui dans le plus grand ensemble ? L’humain domine-t-il la nature ou est-ce en fin de compte la nature qui domine l’humain ? Gilgamesh ne s’épargne aucune peine dans sa quête d’immortalité, de victoire sur la mort et de maîtrise de la nature.
Prétendument civilisés et forts de toute notre culture, nous aussi souhaitons dominer l’espace et le temps. Mais sommes-nous heureux pour autant ? Une pandémie ne nous a-t-elle pas fait entrevoir qu’il est préférable de remettre notre ego en perspective ? Que la nature en dehors de nous et l’animal en nous restent plus forts que jamais ? Nous pourrions apprendre à accepter l’harmonie qui prolifère dans la nature sauvage, nous laisser porter par la houle nomade et plutôt « être » que vouloir à tout prix tout « saisir » et tout conquérir.
L’épopée de Gilgamesh fait partie des plus anciens exemples littéraires de l’histoire de l’humanité. Pendant des siècles, les récits se sont transmis de manière orale et par la suite, ils ont été consignés en écriture cunéiforme. La version définitive telle que nous la connaissons aujourd’hui date du XIIe siècle avant notre ère, mais des fragments plus anciens remontent au troisième millénaire avant notre ère.
Avec Mesut Alp, archéologue et spécialiste de la Mésopotamie, Mesut Arslan a réécrit l’épopée et exhume quelques thèmes essentiels, toujours contemporains. Arslan et Alp abordent la rencontre entre Enkidu et Gilgamesh comme celle de la nature face à la civilisation, de l’homo sapiens face à l’homme de Neandertal ou du temps face à l’espace.
Pour ce nouveau spectacle, tout comme pour ses créations précédentes, Arslan travaille dans un espace vide que partagent les performeurs et le public. Dans ce vide (le KVS Box), il ranimera chaque soir Gilgamesh.
« Il y a 12 000 ans, l’intention de l’homo sapiens était de domestiquer le blé, mais en fin de compte, le blé a domestiqué l’homo sapiens. »
Extra
- Il s'agit d'un spectacle avec un public debout. (Nous disposerons bien sûr de quelques chaises pour les personnes à mobilité réduite).
- Tout le monde est prié de mettre ses manteaux et ses sacs dans les casiers. De cette façon, nous pouvons utiliser l'espace de façon optimale.
- Pendant le spectacle, on fume sur scène.
Credits
Daphne Agten
performer / auteur / modèle / metteure en scène
Layla Önlen
actrice / metteure en scène en formation
Mesut Arslan
metteur en scène / directeur artistique chez Platform 0090