Sachli Gholamalizad

La metteuse en scène et comédienne Sachli Gholamalizad (Anzali, Iran, °1982) est arrivée en Belgique à l’âge de cinq ans, avec sa mère et ses frères. Après des études d’art dramatique au RICTS à Bruxelles, suivies d’une formation de jeu d’acteur à Paris auprès de Jack Waltzer, Sachli Gholamalizad travaille depuis pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Dès 2006, elle a participé à des courts-métrages et des séries télévisées, comme Dag en Nacht, Ella, Loslopends Wild, Vlucht H313, De Bunker et le film De helaasheid der dingen de Felix Van Groeningen. Au théâtre, elle a travaillé, entre autres, avec les compagnies Zuidpool et ‘t Arsenaal, elle a participé à des projets de Moussem et de Mokhallad Rasem, et bien d’autres.

En 2013, elle a créé son premier spectacle, A reason to talk, le premier volet de sa trilogie. Cette production lui a d’emblée valu de prix Circuit X au festival Theater aan Zee (TAZ #14) et une sélection pour le Theaterfestival 2014. A reason to talk a ensuite effectué des tournées nationale et internationale. À l’été 2015, elle l’a joué au Fringe Festival à Édimbourg où elle a remporté le prix Fringe First. Le spectacle a également été retenu dans la sélection d’Amnesty Freedom of Expression. L’année suivante, elle a traversé l’océan pour le présenter à Toronto. Entre-temps, elle a créé le deuxième volet, (NOT) my paradise, avec lequel elle est aussi partie en tournée. En mars 2017, elle a présenté au Théâtre National à Bruxelles la première de version française du spectacle A reason to talk.

Depuis la saison 2016-2017, Sachli Gholamalizad fait partie de l’ensemble ouvert du KVS.

Qui était ton héros dans ton enfance ?

Je ne crois pas que je pensais à des héros en dehors de ma famille quand j’étais petite. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ça. Je voudrais dire ma mère, mais franchement, je n’en sais rien. Peut-être plutôt mon père.  

Quelle profession voulais-tu exercer plus tard quand tu étais enfant ?

Actrice, voilà ce que je deviendrais. Je l’ai su à 10 ans déjà, c’était une certitude. Je n’ai commencé à douter que lorsque j’étais à l’école de théâtre, pour de bon : je sentais que dans ma passion, il y avait plus que seulement ‘jouer’. Cela m’a déstabilisée sur le moment, heureusement j’ai compris par la suite qu’il ne s’agissait pas de choisir, mais de combiner. C’est du moins le choix que j’ai fait dans ma vie. 

Je ne peux pas choisir entre mes nombreuses passions. Je choisis de tout faire dans la vie. Ou beaucoup en tout cas. 

Quel est ton moment inoubliable sur scène ?

A reason to talk a été pour moi une expérience inoubliable, à beaucoup de moments. Le spectacle exige une telle concentration, tant de ma part que des spectateurs, que j’ai souvent le sentiment que je suis dans une spirale d’énergie de type transcendantal.  Je donne peut-être l’impression de planer mais c’est tout le contraire. Je ressens et j’entends presque tout, pendant tout le spectacle. Ce qui émane de mon public aussi. Même si je lui tourne le dos et que je ne peux pas le voir. En tant qu’actrice, cela a fait de moi une personne plus riche. Et aussi vaincre la peur pour enfin oser faire mon propre spectacle, c’est en soi inoubliable.  

 

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