Travail de mémoire: interview avec Gabriela Carrizo (Peeping Tom)

Peeping Tom travaille au KVS à la trilogie Vader, Moeder et Kind avec ce regard qui leur est propre, à la fois tendre et sardonique. Le KVS présente la première belge de leur nouveau spectacle et deuxième volet, Moeder : drôle et étrange, inquiétant bien qu’étonnement reconnaissable. Nous avons posé quelques questions à la metteuse en scène Gabriela Carrizo.

Vous abordez Moeder comme un travail sur la mémoire? Comment partir de la mémoire pour une création?
La mémoire est un laboratoire pour recréer les choses. C’est un moteur qui permet de voir comment on reconstruit le passé et comment il peut se transformer.Vader parlait du déclin, de la vieillesse d’un père et son accompagnement qui y était associé. Moeder ne traite pas d’une mère mais plutôt du tiraillement entre le don et l’arrachement. Ce sont deux chainons de la maternité. Entre ce que nous offrons, transmettons et comment nous réagissons face à la perte et la séparation.

Le spectacle sera montré en Belgique pour la première fois au KVS. Un endroit particulier pour vous?
Le KVS a soutenu Peeping Tom depuis le début. En 2000 déjà, le KVS nous a donné un petit coin sur le parking de la Bottelarij pour travailler sur Caravana. Ensuite il y a eu Le Jardin, Le Salon, Le Sous-Sol. Et 32 rue Vandenbranden était le premier spectacle qu’on a créé au KVS BOX… Tant de gens voulaient voir le spectacle qu’on a commencé à jouer dans le BOL. Depuis on a présenté aussi A Louer et Vader au KVS BOL.

Et le public du KVS?
Il nous a suivis, et il nous suit toujours. D’abord des étudiants et beaucoup de jeunes. C’était étonnant. Peut-être parce qu’on abordait la danse d’une façon différente. Bien sûr il n’y a pas de recette précise. C’est la conjonction entre la danse, le chant, le théâtre et la musique, je crois. Le public venait nous voir après le spectacle pour nous dire : ces personnages sur scène, ça peut être nous.